Le Wsop : des parties de poker mythiques de ce tournoi mondial

Les joueurs de poker aiment tant évoquer les parties les plus célèbres qui sont retenues par l´histoire et qui leur permettent de tirer des leçons des victoires des grands champions de poker. En effet, plusieurs parties ont été marquées dans les annales du poker et constituent de véritables points de référence pour les amateurs de ce jeu.

L´histoire du poker est jalonnée de rencontres et de parties légendaires. Les finales du Wsop ont souvent été le théâtre de rencontres célèbres, véritables références des meilleures techniques du poker, et qui sont encore au centre des conversations de nombreux joueurs de poker aujourd´hui. Exemple de stratégie réussie grâce à l´utilisation du bluff, ces matchs sont des éléments essentiels de l´histoire du poker. En effet, on peut en tirer de nombreuses leçons. Nous vous avons donc choisi deux parties célèbres, la première issue du Wsop de 1982 et opposant Dewey Tomko à Jack Strauss est l´exemple d´un total bluff, joué avec une main incroyablement mauvaise. La deuxième partie, quant à elle, est celle jouée entre Johny Chan et Erik Seidel en 1988 et constitue une référence de semi-bluff ou de main sous-jouée pour gonfler le pot.

Wsop 1982, rencontre Tomko/Strauss

Dewey Tomko et Jack Strauss se sont affrontés au cours de la finale du Wsop en 1982. Cette partie illustre bien ce qu´on entend par Bluff au poker. En effet, avec une main de départ quasiment injouable, composée d´un deux de trèfle et d´un sept de c?ur, Jack Strauss parviendra à gagner le match, devenir champion du monde de poker et à empocher plus de 500 000 Dollars. De nombreux joueurs auraient abandonné la partie avec une telle main de départ. Le Flop donnait les cartes suivantes : 3 de trèfle, 3 de carreau et Sept de pique. Strauss se retrouve donc avec une double paire faible (7 et 3) et une dernière carte en main, faible également (2 de trèfle). Cette situation n´arrange pas vraiment son jeu, cependant, il ouvre alors que son adversaire effectue une sur-relance de 5000 Dollars. Avec ses cartes en main ajoutées au Flop, Strauss aurait dû se coucher, cependant, il tente le coup et soutient la Turn qui donne un 2 de carreau. Il n´a toujours pas amélioré son jeu et doit se contenter de sa double paire de cartes faibles. C´est à ce moment que, prenant conscience de son erreur de ne pas s´être couché au tour précédent, il décide de mettre en ouvre son bluff en misant 18 000 Dollars d´un coup. Tomko hésite un certain moment sur la démarche à suivre, étant surpris par cette mise inattendue de son adversaire. Strauss lui propose alors de montrer l´une de ses cartes en l´échange de 25 Dollars. Tomko accepte l´arrangement, paie les 25 Dollars et voit le deux de trèfle de son adversaire. Il réfléchi alors longuement et finalement décide de se coucher pensant que Strauss avait un Full (333 - 22 ou 222 - 33), cependant, la main de son adversaire n´était qu´une double paire. Grâce à cela, sur un coup de bluff intéressant, Strauss gagne 520 000 Dollars, avec une double paire de cartes faibles.

La rencontre entre Chan et Seidel au Wsop de 1988

Cette partie a opposé en finale du Wsop deux joueurs réputés dans le domaine du poker : Johny Chan surnommé « Oriental Express » et Erik Seidel réputé comme un joueur au jeu agressif et au caractère convivial. Cette partie est devenue célèbre car elle est un exemple parfait de ce qu´on appelle « sous-jouer » dans le cadre du poker. Cette technique consiste à faire croire à l´adversaire qu´on n´a pas la meilleure main en évitant de faire des relances. En effet, faire des relances pousserait l´adversaire à se coucher ce qui rendrait le pot peu important. En sous-jouant sa main, on incite l´adversaire à grossir le pot. A l´issue de la partie, Chan a été élu champion de l´année 88 et a empoché 700 000 Dollars. Au départ, il avait eu une bonne main composée d´un valet et d´un 9 de trèfle, ce qui lui permettait d´espérer soit une suite, soit une couleur, alors que Seidel, lui, a obtenu une dame de pique ainsi qu´un 4 de carreau. La main de Seidel est également assez bonne, vu la carte haute qui est la dame, et demeure parfaitement jouable. A ce niveau, aucun des joueurs ne relancent et attendent l´arrivée du Flop qui donne une dame de c?ur, un 10 et un 8 de carreau. Grâce au Flop, Chan obtient une suite Dame-Valet-10-9-8, alors que son adversaire doit se contenter d´une paire de dame. Seidel mise 50 000 Dollars tandis que Chan suit au lieu de relancer, faisant ainsi croire à son adversaire qu´il a une main moyenne qu´il espère améliorer au tour suivant. A la Turn, les deux joueurs checkent, alors que Chan pourrait faire une relance avec sa main. Cependant, il est clair que son but est ici de gonfler le pot pour un gain plus élevé en fin de partie. Au cinquième tour, Seidel croit vraiment que son adversaire n´a qu´une paire de dame alors que Chan continue de checker, il décide, erreur fondamentale, d´aller All in comptant sur sa paire de dames. Grâce à cette excellente tactique, Chan remporte la victoire avec en prime un pot bien grossi par son adversaire.


© Les parties les plus célèbres du Wsop